Comment fonctionne le barème kilométrique
Le barème kilométrique permet aux salariés (et à certains indépendants) qui optent pour les frais réels de déduire l'usage professionnel de leur véhicule personnel sans conserver chaque facture. Il repose sur trois tranches de distance annuelle : jusqu'à 5 000 km, la formule est un simple prix au kilomètre ; entre 5 001 et 20 000 km, un tarif réduit s'ajoute à un forfait fixe ; au-delà de 20 000 km, un tarif intermédiaire s'applique à nouveau sur la totalité. Le coefficient dépend de la puissance fiscale (champ P.6 de la carte grise), plafonnée à 7 CV pour le calcul.
Ce que le barème inclut — et ce qu'il n'inclut pas
Le montant obtenu couvre forfaitairement la dépréciation du véhicule, le carburant ou la recharge, l'entretien, les réparations, les pneumatiques et les primes d'assurance : impossible donc de déduire une facture de garage en plus du barème. En revanche, trois postes s'ajoutent au prorata de l'usage professionnel, sur justificatifs : les frais de péage, les frais de stationnement liés à l'activité, et les intérêts d'un crédit souscrit pour l'achat du véhicule. Conservez un relevé de vos trajets : l'administration peut demander la justification du kilométrage déclaré.
Véhicules électriques : la majoration de 20 %
Pour encourager la transition, le montant issu du barème est majoré de 20 % lorsque le véhicule est exclusivement électrique — la location de batterie et la recharge étant réputées couvertes. Concrètement, 4 000 km parcourus avec une électrique de 5 CV donnent 2 544 € × 1,20 = 3 052,80 € déductibles. Les hybrides, même rechargeables, ne bénéficient pas de cette majoration et suivent le barème classique. La majoration vaut aussi pour les deux-roues électriques.
Frais réels ou abattement de 10 % : faire le bon choix
Par défaut, l'administration déduit automatiquement 10 % de vos salaires au titre des frais professionnels (avec un plancher et un plafond révisés chaque année). Opter pour les frais réels n'a d'intérêt que si l'ensemble de vos frais — kilométriques, repas, matériel, double résidence — dépasse cet abattement. Le point de bascule se situe souvent autour de 20 à 25 km de trajet domicile-travail quotidien. L'option se choisit chaque année et séparément pour chaque membre du foyer fiscal : un couple peut mixer les deux régimes.